Des déchets radioactifs à l'origine de pollution des sols et des eaux

Dépêche AFP, 25 septembre 2008

Les conditions d'entreposage en France de déchets radioactifs datant des années 1950 et 1960, sont à l'origine de contaminations du sous-sol et parfois des nappes phréatiques, selon un rapport publié par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Les sites concernés sont d'une part les lieux d'implantation des premiers réacteurs nucléaires français, à savoir les tranches les plus anciennes des centrales nucléaires de Chinon, Saint-Laurent, Le Bugey, Chooz.

D'autre part, il s'agit d'installations de défense, les Installations Nucléaires de Base Secrètes (INBS) à Bruyères-le-Châtel, Marcoule, Valduc et sur le site du Tricastin à Pierrelatte.

Des mesures réalisées par l'IRSN sur ce dernier site, à la suite d'incidents survenus à la Socatri, une filiale d'Areva chargée d'épurer les effluents d'uranium de la centrale nucléaire du Tricastin, avaient désigné une butte de terre comme une autre possible origine de contamination radioactive. Mais l'Autorité de sûreté nucléaire de défense, qui gère cette butte, nie toute responsabilité.

"Dans pratiquement tous les cas, ces entreposages ne présentent pas un confinement des matières suffisant et sont à l'origine de contaminations du sous-sol proche, voire des nappes phréatiques sous-jacentes", selon le rapport de l'IRSN à l'attention du Haut Comité pour la Transparence et l'Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN), réuni mardi.

"Les contaminations localisées se limitent à l'emprise des sites nucléaires", mais sur les sites de recherche du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et sur des sites aux "multiples installations", comme au Tricastin, "un marquage des eaux souterraines à l'extérieur du site a été mis en évidence", a souligné l'IRSN.

Un certain nombre d'opérations de reconditionnement pour un stockage de longue durée des déchets radioactifs entreposés à l'air libre depuis parfois un demi-siècle sont actuellement en cours. Mais ces opérations, longues et coûteuses, s'étalent sur de nombreuses années.

Si "les dispositions prises pour la surveillance des nappes phréatiques sous les sites nucléaires sont globalement satisfaisantes", l'IRSN souhaite une amélioration de "la connaissance de l'hydrogéologie aux abords des sites".

L'institut relève par ailleurs "qu'aucun bilan national de la qualité radiologique des eaux de consommation n'est disponible", ses propres mesures ne concernant qu'une faible fraction des eaux consommées en France.

L'IRSN se félicite enfin de la mise en place à partir de 2009 d'un Réseau national de mesures de la radioactivité de l'environnement (RNM) dont il assurera la gestion. A partir de 2010, un site internet avec un an de résultats de mesures sera ouvert au public.

Le RNM "n'est pas conçu pour réagir en temps réel dans le cas d'une situation accidentelle", met en garde.