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Eau
: Lurbanisation accroit le manque
Développement
durable le journal, 17 septembre 2008
Pour
la première fois, lannée 2008 a vu le nombre mondial
de citadins dépasser celui des ruraux. Avec lexplosion démographique,
les villes continuent sans cesse de croitre. Une évolution qui
a des conséquences sur laccès à leau
potable, comme lont expliqué des experts réunis à
lUnesco.
Laccès à leau potable est considéré
comme lun des grands défis des décennies à
venir. Actuellement, 884 millions dindividus dans le monde (13%
de la population) nen bénéficient pas. Et selon lOrganisation
des Nations Unies (ONU), 2 milliards de personnes au minimum risquent
dêtre en situation de pénurie dans la seconde moitié
du XXIe siècle.
Les deux grands responsables de cette raréfaction, lexplosion
démographique et lurbanisation, ont été pointés
du doigt par un certain nombre de spécialistes mondiaux de la question
de leau. Ils étaient réunis la semaine dernière
à Paris, au siège de lUnesco, à loccasion
dune journée de conférences organisée par lorganisation
internationale et le groupe de réflexion (re)sources.
50%
de citadins
Dans
lhistoire mondiale de lurbanisation, 2008 restera dans les
mémoires comme une année charnière et symbolique,
le nombre de citadins ayant atteint 3,3 milliards dindividus. «
Pour la première fois, le pourcentage de la population urbaine
dépasse celui de la population rurale, explique Gérard-François
Dumont, professeur à lInstitut de géographie et daménagement
de lUniversité Paris-IV La Sorbonne. Il y a maintenant plus
de citadins que de ruraux, et par conséquent de plus en plus dhumains
sur des espaces de plus en plus réduits. »
Le phénomène est particulièrement intense dans les
pays en voie de développement. Selon (re)sources, dans 20 ans,
400 millions de nouveaux urbains sont attendus en Afrique. Et à
lhorizon 2050, le nombre dindividus habitant en ville devrait
doubler, portant la part de citadins à 75% de la population mondiale.
De nombreux facteurs peuvent expliquer cette tendance. Lexplosion
démographique en est le principal, suivi de la transition démographique
(laugmentation de lespérance de vie est plus rapide
en ville quà la campagne), lexode rural, les flux migratoires
internationaux, les facteurs politiques (aménagement du territoire,
conflits militaires, etc) et la métropolisation.
Surexploitation
des nappes
Ces
évolutions font de laccès à leau un problème
en grande partie urbain. La croissance de la population mondiale entraine
une demande de plus en plus considérable, provoquant la surexploitation
des nappes phréatiques et la dégradation des ressources
pour cause dabsence de système dassainissement efficace.
De plus, la production agricole absorbe à elle seule 70% de leau
consommée dans le monde. « Une augmentation de la population
mondiale de 1% provoque une diminution des ressources en eau disponible
de 2,5%, relève Patrice Fonlladosa, président de Veolia
Water Afrique, Moyen-Orient et sous-continent indien (VWAMI). Il faut
considérer que, pour produire 1 kilo de blé, 1 300 litres
deau sont nécessaires. Et le chiffre atteint 16 000 litres
pour un kilo de buf. »
Pour Sylvie Jaglin, professeur à lInstitut de géographie
et daménagement régional de lUniversité
de Nantes, laugmentation de la population urbaine et les nouveaux
raccordements ne peuvent pas tout expliquer. Elle met en avant «
lembourgeoisement » des modes de consommation des plus riches
dus à lélévation du niveau de vie dans les
pays en voie de développement. « Lurbanisation modifie
les schémas de consommation et provoque lutilisation de produits
plus gourmands en eau, renchérit Aslam Chaudhry, chef de la division
du développement durable, de leau et des ressources naturelles
au département des affaires économiques et sociales de lONU.
La pénurie actuelle ne vient pas de la ressource, mais de sa gestion.
»
En conséquence, léducation aux bonnes pratiques et
des programmes politiques prévisionnels sont nécessaires.
Les experts insistent aussi sur limportance de lamélioration
de la productivité de lagriculture afin de la rendre moins
consommatrice deau, et de la rénovation des infrastructures
existantes en plus den créer de nouvelles. Car souvent, les
réseaux sont si délabrés dans les pays du Sud que
50% de leau qui y circule séchappe dans la nature.
« Rien ne remplacera jamais la bonne gouvernance », ont-ils
conclu dune seule voix.
Xavier
Venutolo
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NAJA - http://www.developpementdurablelejournal.fr/spip.php?article3246
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