Méditerranée : l’or bleu sous pression

MÉDITERRANÉE.

L’eau est le principal vecteur par lequel le changement climatique va impacter les populations. C’est vrai à l’échelle de la planète, ça l’est plus encore en Méditerranée, en particulier pour les pays situés au Sud et à l’Est. Dans une région qui ne dispose que de 3% des ressources en eau mondiales mais accueille 7% de la population, la demande en eau devrait continuer à croître. 

Les projections du Plan Bleu à l’horizon 2025 évaluent à + 18% en moyenne, + 30% pour les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, la hausse des besoins alors que les ressources en eaux renouvelables baisseront (- 20% d’ici à 2025) en raison du réchauffement climatique. La croissance démographique accentue un taux d’urbanisation, déjà supérieur à la moyenne mondiale - il est de 67% pour les pays du sud et de l’est de la Méditerranée - et  fragilise les zones côtières, en première ligne pour recevoir ces afflux de populations. S’y ajoute un contingent toujours plus important de touristes. Ils étaient 283 millions en 2011 et pourraient atteindre les 500 millions en 2030. 

Les infrastructures nécessaires au traitement de l’eau ne sont pas au rendez-vous, 22,6 millions d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable en Méditerranée, 20,6 millions ne disposent pas d’équipements sanitaires.

Agir sur la demande en eau

Face à la raréfaction des ressources, seule une optimisation de la demande pourrait réduire la consommation de l’or bleu. Un objectif d’économie de 25% de consommation d’eau est envisageable à l’horizon 2025 selon les études du Plan Bleu. « La gestion des ressources en eau doit être au cœur des politiques d’adaptation au changement climatique. C’est l’un des enjeux de la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable (SMDD) en cours de révision  » précise Céline Dubreuil-Imbert , chargée de programme au Plan Bleu. Agir sur la demande, c’est améliorer la qualité des réseaux de transport de l’eau pour réduire de façon drastique les pertes. C’est aussi faire évoluer les pratiques agricoles, car l’irrigation consomme  80% des ressources en eau de la région. Cela passe par l’utilisation de systèmes de goutte à goutte, par exemple, ou plus radicalement en adaptant le choix des cultures au contexte de stress hydrique. 
La réutilisation des eaux usées fait aussi partie des pistes à exploiter. Elle permettrait de couvrir 24% des besoins en eau d’ici à 2050. Cela suppose d’investir dans des équipements de traitement à la hauteur des besoins. Israël, en pointe sur ces technologies, s’est fixé pour objectif un taux de réutilisation des eaux usées de 100%. 

Le dessalement de l’eau de mer est une autre hypothèse à ne pas négliger à la condition d’associer les procédés de traitement, gourmands en énergie, à l’utilisation des énergies renouvelables et de trouver une solution pour éviter que les rejets de saumures ne deviennent source de pollution. 

Toutes ces actions supposent une politique coordonnée prenant en compte les différents enjeux environnementaux, économiques et sociaux à l’échelle du bassin méditerranéen. Une préoccupation au cœur de la SMDD.