îlot Allar - Smartseille labellisé par l'État

Il est connu aussi sous le nom d'îlot Allar. Avec ses 58 000 m2 de logements, bureaux et équipements étalés sur 2,7 hectares, l'éco-quartier posé en plein périmètre d'Euroméditerranée est justement le signal fort du passage de la cité phocéenne en mode durable. Car Smartseille est avant tout présenté comme un démonstrateur de technologie. Porté par Eiffage, il a pour vocation de véritablement tester et mettre en application toutes innovations vraiment utiles, comme se plaît à le rappeler le directeur régional d'Eiffage Construction, Luc Bouvet. Ici, "nous voulons anticiper les solutions d'avenir". D'où une réflexion menée de manière globale et dont les solutions préconisées sont notamment issues du laboratoire de R&D du groupe, Phosphore.

Solidarité énergétique

Avec un quartier situé au bord de la Méditerranée, bénéficiant du vent et de l'ensoleillement, c'est tout ce qui relève de la solidarité énergétique qui va être mis en application dont la fameuse boucle à eau de mer. Ce principe de thalassothermie fonctionnera grâce à un point de puisage et de rejet situé dans le port de Marseille où l'eau tempérée (15°) sera menée à une sous-station centrale et utilisée en fonction des besoins en chaud ou froid, permettant de fournir les besoins énergétiques de bâtiments, offrant une réduction de 70% des gaz à effets de serre. Des systèmes de dépollution douce in situ, à base de champignons, sont en phase de tests.

La mutualisation des bureaux et des logements sera favorisé ainsi que les places de parking grâce à une application dédiée. La livraison des premiers bâtiments est programmée pour 2016 pour une livraison totale en 2018.

Accompagnement de l'État

Cet ensemble d'arguments durablement corrects a semble-t-il convaincu Ségolène Royal et Sylvia Pinel qui avaient lancé lors de la Cop21 un appel à projets "Démonstrateurs industriels pour la ville durable". Labellisé en même temps que dix autres projets dans l'Hexagone, Smartseille va donc bénéficier d'un accompagnement tout exprès, dont un soutien technique de l'État durant 5 ans - soutien notamment aux collectivités et aux consortiums - et l'appui du Commissariat général à l'investissement au travers d'investissements d'avenir. Et parce que l'innovation ne s'inscrit pas toujours dans les clous administratifs, la capacité de dérogation de l'État pourra être activée. Des exceptions possibles au regard des codes de l'urbanisme, de la construction et des marchés publics. Pour ne pas arrêter le progrès...

 

Source: la Tribune Aix-Marseille 24/12/2015