Bpifrance lance un accélérateur pour les ETI

  • Innovation
  • Par  MEBAREK Lounis

Après avoir ouvert un accélérateur pour les start-up, et un autre pour les PME, Nicolas Dufourcq, directeur général deBpifrance, va annoncer ce mercredi matin la création d'un accélérateur cette fois-ci à destination des ETI. Objectif? Accompagner ces entreprises patrimoniales pour doper leur croissance avec des outils adaptés. Parmi les volontaires qui candidateront, vingt-cinq seront sélectionnés chaque année pour bénéficier d'un programme sur-mesure pendant deux ans.

A côté de l'innovation et de l'export, la transmission sera l'un des axes majeurs abordés. Car, avec 34% des dirigeants d'ETI âgés de plus de 60 ans, et 18% de plus de 65 ans, de nombreuses entreprises patrimoniales devraient changer de mains dans les 10 ans à venir. Or la transmission est un enjeu majeur et ne s'improvise pas: elle prend en moyenne 10 ans pour être bien préparée, entre le moment où le dirigeant commence à y penser et sa finalisation.

Une des difficultés majeures pour les dirigeants d'ETI patrimoniales est de bien distinguer la «transmission successorale» (le patrimoine) et la «transmission managériale» (la direction opérationnelle de l'entreprise), et de les mener de front, révèle une étude réalisée pour l'occasion par Bpifrance Le Lab auprès de 3100 ETI. Trop souvent les dirigeants ne traitent que la première.

Signer un pacte Dutreil ne suffit pas

«Préparer sa transmission, ce n'est pas seulement aller voir son notaire et signer un pacte Dutreil(qui apporte certaines exonérations fiscales), explique Élise Tissier, directrice de Bpifrance le Lab. Il faut l'inclure dans le projet d'entreprise, la stratégie. La transmission doit être discutée au sein des organes de gouvernance, ce n'est pas un sujet annexe, personnel, mais lié à la politique de croissance de l'entreprise».

L'étude insiste sur la nécessité de «scénariser» la transmission, c'est à dire d'envisager plusieurs scénario pour l'entreprise et d'y associer chaque fois le meilleur profil de successeur. Sans oublier d'objectiver les choix dans un plan de succession, afin de casser les conflits familiaux potentiels ou d'éviter les reproches de favoritisme de la part des salariés. «Ce peut être le fils de famille qui se fait les dents dans un groupe extérieur ou un cadre qui monte mais n'est pas encore au Comex. Dans tous les cas, il faut éviter de s'enfermer dans un scénario unique avec un repreneur unique», observe Élise Tissier. Et de citer le cas exemplaire de Daher, grosse ETI familiale spécialisée dans l'aéronautique, détenue par la famille depuis 150 ans, qui a su nommer un cadre au poste de Directeur Général Délégué, en vue de succéder progressivement à l'actuel PDG Patrick Daher à l'horizon 2017.

Au final, l'étude recense trois profils majeurs parmi les dirigeants prêts à céder leur entreprise: dans la moitié des cas, il s'agit d'un «transmetteur héritier» (environ 55 ans, membre de la 3e ou 4e génération, il a repris les rênes il y a 20 ans), dans 17% des cas d'un «transmetteur patriarche» (environ 64 ans, fondateur de l'entreprise à qui il a consacré toute sa vie) et pour 28% d'un «transmetteur manager» (environ 55 ans, très collaboratif). Ce dernier modèle de transmission s'avère souvent le plus efficace, conclut l'étude, en terme de croissance pour l'entreprise.

Source: Le Figaro