Demain des « villes intelligentes » au nord comme au sud

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  • Par  Christelle MAFFRE

Demain des « villes intelligentes » au nord comme au sud

La Semaine Méditerranéenne des Leaders Économiques de Barcelone met en lumière le caractère « multidimensionnel » des smart cities, avec la prise en compte des réalités écologiques et sociales.

Quelques chiffres suffisent à dessiner la réalité démographique méditerranéenne : plus de la moitié de la population méditerranéenne vit dans les villes. En 2050, cette part urbaine atteindra 70 à 75 % de la population dans les pays du pourtour de la Méditerranée.

Or les villes génèrent les deux tiers des émissions de gaz effet de serre. D'où l'intérêt d'une politique urbaine prenant en compte l'impact environnemental. Des « villes intelligentes » auxquelles la Semaine Méditerranéenne des Leaders Économiques s'est intéressée. « La ville intelligente est une obligation et une urgence » affirme Rosa Paradell, directrice générale du Smart City Business Institute de Barcelone. C'est aussi un concept « multidimensionnel », intégrant plusieurs axes de la politique urbaine : gestion de l'énergie, transports, technologie, action sociale, gouvernance…

« Il est impossible de considérer les smart cities sans prendre en compte toutes ces dimensions », confirme Rosa Paradell. La capitale catalane est en ce sens un « laboratoire », avec plus d'une quarantaine de programmes dédiés à cette thématique, dont une expérience d'éclairage urbain avec une modulation en fonction de la fréquentation des rues.

« Une ville intelligente, c'est une cité qui axe sa politique sur le développement durable », résume Rosa Paradell. « Mais en prenant en compte toutes les réalités, depuis la gestion des déchets domestiques jusqu'à la compétitivité économique ». Avec un exemple à la clé : la mobilité. Car mettre en œuvre des solutions qui vont permettre de réduire le temps de transport entre le domicile et le lieu de travail (comme le « car sharing » par exemple) peut favoriser l'efficience des professionnels, tout en améliorant leur qualité de vie.
« Nouvelles villes intelligentes » en Algérie
Les questions de gestion urbaine se posent avec la même acuité dans tous les pays de la région. En témoigne le cas de l'Algérie, où 65 % de la population se concentre dans le nord du pays, sur une zone qui ne représente que… 4 % du territoire. C'est évidemment le résultat d'un « exode urbain » qui attire les populations en masse vers Alger notamment, alors que dans un même temps la désertification progresse dans les hauts plateaux algériens.

La concentration urbaine entraîne évidemment des problèmes sociaux qui ont incité les autorités algériennes à mettre en œuvre un programme de « nouvelles villes intelligentes ». « Cette politique implique d'abord une gestion raisonnée des énergies », explique Farida Boukhtouche Cherfa, responsable du Centre de Développement des Énergies Renouvelables d'Alger.

Quatre villes nouvelles ont ainsi été identifiées comme modèles à la cité algérienne du futur, notamment Sidi Addellah et Boughezoul, aux environs de la capitale. Mais également la ville nouvelle de Hassi Messaoud, au sud-est du pays, construite à soixante-dix kilomètres de la métropole du même nom, devenue « cité à risque » à cause des dangers écologiques liés à l'exploitation du pétrole. Cette « future ville nouvelle » d'Hassi Messaoud sera ainsi entièrement alimentée en énergies renouvelables, d'origines solaires et éoliennes. Un exemple pour l'Algérie, et la Méditerranée.

Francis Mateo, à BARCELONE
ECONOSTRUM

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